Les professions et catégories socioprofessionnelles offrent-elles une lecture pertinente de la société française ?

Lecture des documents :

Ne pas hésiter à se servir des CM et des points de pourcentages.

Exemple 1 : Entre 1954 et 2011, les actifs exerçant des professions intermédiaires ont augmenté de 13,6 points (document 2).

Exemple 2 : En 2004, les ouvriers avaient 6 fois plus de risque d'être pauvre que les CPIS.

 

Lecture du document 3 :

- Bien qu'ayant en moyenne un niveau de diplôme comparable aux techniciens, les industriels ont des revenus et un patrimoine plus de 3 fois supérieurs.

- Bien qu'appartenant à la même catégorie socio-professionnelles, les revenus et patrimoine des professions libérales est 3 fois plus élevé que ceux des professeurs.

 

 

INTRODUCTION

L'analyse marxienne de la stratification sociale se voulait réaliste. Entendre "je suis ouvrier" ou "je suis bourgeois" donnait à la fois la réalité historique de l'individu mais aussi son comportement social. En sera-t-il de même avec la nomenclature des professions et catégories socioprofesionnelles?

Historique de construction de la nomenclature. A développer.

La grille des PCS a donc du tenir compte des évolutions au sein de la société française. Est-ce à dire qu'il s'agit d'un outil en constante mutation? Mais dans ce cas offre t-il une lecture universelle et donc théorique fiable? Chaque nouvelle inégalité un peu structurant ne devra t-elle pas être prise en compte?

Aussi nous allons voir que si la nomenclature des PCS constitue un outil incontournable d'analyse de la société française, elle n'eb contient néanmoins pas de nombreuses limites.

 

Si la nomenclature des PCS est un outil incontournable d’analyse de la société française …

 

I – Une lecture de l'évolution de la société.

* Que la profession, le métier constitue un critère central n'est pas inopportun dans une société industrielle où la division du travail est forte * Au delà du métier, structurer la population autour de la qualification, du secteur d'activité ou du statut permet de suivre certaines évolutions : Hausse des CPIS et des PI logique dans une société de plus en plus fondée sur les NTIC. La chute des agriculteurs exploitants, la hausse des employés traduit la tertiarisation ainsi que la féminisation des emplois. De la même façon la diminution des ouvriers au profit des employés et professions intermédiaires (mais aussi des CPIS) traduit le processus de moyennisation de la société française

II – L’identification de pôles d’inégalités structurants.

* Les PCS permettent de souligner des différences structurantes entre groupes sociaux marquant par là des inégalités. Une différence ne devient en effet une inégalité que lorsqu'elle renvoie à des positions sociales structurées et discriminantes au sein de la société. Dans le cas des PCS, les différences sont structurantes car ce sont pratiquement toujours les mêmes groupes qui sont désavantagés par rapport à d'autres. Il est alors possible d'en inférer une hiérarchie entre eux que l'on retrouve d'ailleurs dans le classement même des PCS : 6/Ouvriers, 5/employés, 4/Professions intermédiaires et 3/Cadres et professions intellectuelles supérieures. Cela correspond à une hiérarchie d'entreprise, ouvriers et employés partageant ici les mêmes fonctions de subalternes * A travers la nomenclature des PCS, c'est toute l'analyse de P. Bourdieu qu'il est possible de suivre : les PCS sont inégalalement dotés en capital économique et culturel, ce qui renforce la nature cumulative des inégalités, aisément perceptible avec le document 1 * Bien que cherchant à se distinguer d'une analyse en termes de classes sociales, la nomenclature des PCS s'en rapproche dans la mesure où il est question de construire des groupes homogènes bien distincts les uns des autres. En ce sens l'approche est qualitative et hiérarchisante contrairement à une analyse en termes de "socio-styles" qui ne cherche qu'à montrer des différences et non des clivages au sein de la société.

 

Transition : Comme nous venons de la voir, la mobilisaiton des PCS nécessité le recours à des schémas explicatifs plus fondamentaux. Cela ne corrobore t-il pas alors le caractère purement descriptif de la nomenclature française? Ne faut-il pas, pour cerner la dynamique de la société capitaliste, se référer à une analyse plus conflictuelle en termes de classes sociales? Les PCS rendent-ils compte plus généralement de l'ensemble des inégalités au sein de la société française?

 

… elle n’en comporte pas moins de nombreuses limites.

I – Des groupes en manque d’homogénéité …

A) Hausse de l'hétérogénéité intra-catégorielle : *en particulier au sein de la catégorie "employés" entre qualifiés et non qualifiés, ex. où classer un vendeur en TIC? En tant que vendeur il appartient à la PCS "employés" mais son niveau d'expertise le rapproche des "professions intermédiaires", voire des Cadres et professions intellectuelles supérieures"! * De même une vendeuse dans un magasin de luxe n'a pas le même statut socio-économique qu'une caissière ! * Enfin au sein des CPIS le niveau de patrimoine et de prestige social d’un dentiste ou d’un notaire n’est pas le même que pour un professeur * Hausse des inégalités au sein du top 1% avec l’envolée des 0,01% les plus riches * Comment rendre compte de la haute bourgeoisie, voire de l’ancienne aristocratie dans les CPIS ?

B) Hausse de l'homogénéité inter-catégorielle. * Qu'est-ce qui différencie, au fond, un agriculteur exploitant, véritable chef d'exploitation d'un chef d'entreprise? Ne sont-ils pas soumis aux mêmes contraintes? = Tenir compte du coût du travail, de la législation, investir pour moderniser, etc. * Les travailleurs non qualifiés (PCS "ouvriers" et PCS "employés") n'ont-ils pas des conditions de travail qui les rapprochent, à tel point qu’ils risquent de constituer une « classe » en soi ?

II – … pour vraiment rendre compte du nouvel âge des inégalités !

A) Des situations d’emploi différentes selon le sexe et la nationalité

le chômage de longue durée clive les membres d'une même catégorie entre "stables" et "vulnérables".

B) Non prise en compte des clivages géographiques et générationnels.

*employé dans une grande ville contre cadre dans une zone reculée * concentration du patrimoine et meilleur parcours professionnel des seniors (lorsqu’ils étaient actifs) => gérontoclassie, cf. Chauvel mais aussi La Lutte des âges : Comment les retraités ont pris le pouvoir de Hakim El Karoui, cf. aussi à une analyse de Attali sur la hausse possible de l’inflation à terme devant favoriser les actifs et notamment les jeunes actifs au détriment des inactifs (rentiers/retraités).

 

Bilan + ouverture sur le projet européen. 

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