Le rôle de l'Ecole

I - Questions de connaissances : 

Quelle relation peut-on établir entre déclassement et paradoxe d'Anderson? (Nouvelle-Calédonie, 2013).

Le déclassement peut correspondre à trois situations différentes pour un individu : des attendus du diplômes supérieurs à la réalité du poste de travail (trop d'études et de diplômes par rapport à son poste), une mobilité descendante (démotion) intergénérationnelle (par rapport à ses parents en général par rapport à son père), une démotion intragénérationnelle (au cours de sa propre carrière professionnelle). Le paradoxe d'Anderson énonce qu'un fils peut très bien avoir un diplôme supérieur à celui de son père sans pour autant disposer d'un statut social supérieur. Cela traduit la baisse de la valeur des diplômes et permet de comprendre le déclassement dont sont notamment victimes les enfants des classes moyenne et supérieur. La démocratisation de l'enseignement en permettant à un nombre croissant d'élèves d'obtenir des diplômes a mécaniquement réduit les chances de réussite pour ceux qui n'en avaient pas. Par rapport à la génération des pères où la réussite "sur le tas" était encore possible, avec peu de diplômes, avoir un meilleur niveau ne se traduit pas par une meilleure position sociale. De la même façon, comme de plus en plus d'élèves obtiennent des diplômes, les recruteurs peuvent choisir des jeunes actifs plus diplômés pour un même poste de travail. Du coup les jeunes sont surqualifiés par rapport à un poste identique à celui de leur père par exemple et ne jouissent pas d'un meilleur statut. Ils ont encore une fois le sentiment d'être déclassés.

 

II – Analyse d'un document.

1

 

Vous présenterez le document puis vous montrerez le rôle de l'Ecole sur la réussite scolaire.

 

 Le document, publié par le Ministère de l'éducation nationale en 2011, est un diagramme en barres. Il nous présente sous forme de pourcentages de répartition la proportion d'élèves denus bacheliers pour plusieurs générations d'enfants selon la catégorie sociale du père.

 

Deux constats peut être tirés de ce graphique.

 

D'abord le pourcentage de bacheliers ne cesse d'augmenter depuis les années 80. Il s'agit alors des enfants nés entre 1964 et 1968 et qui atteignent l'âge du baccalauréat autour de 1982-1986. Sur 100 élèves nés durant cette période, 35 sont devenus bacheliers et ils sont pratiquement deux fois plus nombreux en moyenne lorsqu'ils sont nés entre 1983 et 1987 c'est-à-dire pour ceux qui ont normalement passé leur examen entre 2001 eet 2005. En ce sens l'Ecole a joué un rôle positif sur la réussite scolaire des enfait. Mais il s'agit toutefois d'une moyenne qui masque des inégalités et qui nous conduit au second constat.

 

Bien qu'ayant diminué au cours du temps les inégalités entre milieux sociaux se sont quand même maintenues. Si les enfants de cadres et de professions intermédiaires avaient 3 fois plus de chance de devenir bachelier par rapport aux enfants d'ouvriers et d'employés lorsqu'ils étaient nés entre 1964 et 1968, les chances tombent à 1,5 environ mais se maintiennent donc pour les enfants nés entre 1983 et 1987.

 

L'Ecole a donc permis a davantage d'élèves et notamment d'enfnats d'ouvriers d'obtenir leur baccalauréat (massification scolaire) mais n'a pas permis une égalité parfaite entre enfants d'ouvriers et de cadre notamment. L'Ecole a donc joué un rôle mitigé sur la réussite scolaire des enfants.

 

 

 

Remarque : Attention à la lecture du graphique. Comme vous l'avez remarqué en lisant la correction, les enfants nés entre 1964 et 1968 passent leur baccalauréat vers 1982 et 1986 : 1982 = 1964 + 18 et 1986 = 1968 + 18. 

 

2

 

Après avoir présenté le document, vous montrerez si l'école parvient à assurer son rôle d'intégration sociale.

Orientation en seconde générale et techn. selon la note du brevet (contrôle continu)
Unité : %

Profession du père

Note de 8 a 10 

Note de 10 a 12 

Ouvrier non-qualif.

30

59

Ouvrier

37

64

Employé

43

73

Profession interm.

50

81

Cadres sup.

66

91

Source : Ministère de l'éducation, Elèves entrés en 6e en 2007


Le document est un tableau statistique qui présente le pourcentage d'élèves entrés en 6ème en 2007 et orientés en seconde générale et technologique selon la note de contrôle continu pour le brevet et selon la profession du père. Les données sont fournies par le Ministère de l'éducation nationale.

D'après ce document l'école assure son rôle d'intégration sociale de manière encore différente selon les milieux sociaux d'origine. On voit par exemple que quelque soit la note obtenu au contrôle continu, plus le statut social du père est important (mesuré par la profession) et plus les chances d'être orienté en seconde générale et technologique (GT) sont fortes. Si – d'un tiers des élèves ayant eu entre 8 et 10 mais enfant d'ouvrier non qualifié sont orienté en seconde GT, ils sont les 2/3 lorsqu'ils sont enfants de cadres supérieurs. L'école maintient donc une certaine inégalité des chances. Par contre l'école semble jouer son rôle de sélection puisque la note obtenu modifie les choix d'orientation. Quelque soit le milieu d'origine, les élèves ayant eu au minimum la moyenne ont plus de chance d'être orientés en seconde GT.

Remarque.

Attention à la lecture du tableau : on ne peut faire la somme nin en ligne ni en colonne! Exemple : Sur 100 élèves de 3ème ayant eu entre 8 et 10 et de père ouvrier non qualifiés, 30 ont été orientés en seconde GT.

Ne pas lire : 30% des enfants d'ouvriers nq ont été orientés en seconde GT.

Ne pas lire : 30% des élèves ayant eu entre 8 et 10 et oreintés en seconde ont un père ouvrier nq. 

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