Les inégalités engendrent-elles toujours des mouvements sociaux ?

 

Analyse du sujet :

Sujet intéressant qui oblige à relier 2 chapitres du cours, l’un sur la dynamique des inégalités l’autre sur les conflits sociaux.

Inégalités <=> Répartition de la richesse

Tout dépend alors du ressenti individuel puis collectif de l'inégale répartition de richesse. Elle peut être considérée comme juste, ce qui renvoie aux approches de la justice sociale. Cependant dans une perspective marxiste, elles constituent la condition objective de la formaiton des classes sociales, au moins des classes en soi. Mais déjà à ce niveau on voit bien qu'un décalage est possible : classe en soi mais pas nécessairement de classes pour soi.

Inégalités <=> Discriminations.

Toutefois il n'y a pas que la perspective révolutionnaire marxiste. Les inégalités touchent de nombreux domaines autour de ce qu'on apelle les nouveaux mouvement sociaux – NMS. La défense des droits, des “sans” (sans papiers, sans logis, etc. ) traduisent aussi un ressenti vis-à-vis des inégalités mais qui ne sont plus liées aux revendications du travail.  

Mouvement social :

Pour continuer dans la perspective marxiste, le mouvement ouvrier est l'exemple typique du mouvement social avec une orgnisation collective (syndicats, parti = parti communiste; ne pas oublier à ce sujet le livre écrit par Marx avec son ami Engels, Le Manifeste du parti communiste publié en 1848 et concluant par la célèbre formule : "Prolétaires du monde entier, unissez-vous!"), un adversaire bien identifié (les patrons, les capitalistes) et un projet de société alternatif (la société sans classe, la société communiste). Toutefois qu'en est-il du mouvement ouvrier? De l'identitié ouvrière? Des syndicats? Du parti communiste?

 

 

I – Si les inégalités favorisent l'émergence des mouvements sociaux ...

 

A) Des revendications du travail ...

1) Pour Marx, les inégalités au sein de la sphère productive entre les bourgeois et les capitalistes alimentent les conflits du travail et les mobilisations collectives. La lutte des classes, c’est le moteur de l’Histoire.

2) Les revendications autour du travail restent importantes de nos jours, on observe même une certaine radicalisation des conflits.

 

B) ... aux luttes contre les discriminations et injustices.

1) Avec le thème de la frustration relative, on met en évidence que la moindre inégalité sera vécue négativement et suscitera des mouvements sociaux (DOC3). 

DOC5 : Les mouvements de défense de la dignité des personnes, comme les mouvements féministes.

2) Le sentiment d’injustice et de déclassement (DOC6).

 

II - ... elles n'en constituent pas une condition toujours suffisante.

 

A) Les inégalités peuvent apparaître justes

DOC5 : Les inégalités ne doivent pas remettre en cause la dignité de la personne mais peuvent paraître justes dans un contexte d'égalité des chances. Tout est une question de vécu des inégalités.

 

B) Les conflits sont de plus en plus institutionnalisés. 

Dahrendorf : pacification des conflits.

DOC2 : La hausse du taux de marge à partir des années 80 et son maintient à 35% depuis se superpose à une diminution continuelle des conflits du travail .

 

C) Les conditions socio-économiques ne favorisent pas les mobilisations.

1) Les individus peuvent être calculateurs, agir par procuration ou avoir intégré leur situation.

Individus calculateurs : DOC4 : Sans inicitations sélectives, il n’y a pas d’aciton sociale d’envergure. 

Individus qui agissent par procuration : sont en accord avec la mobilisation sociale mais n'y participent pas soit par calcul implicite soit par peur des représailles ce qui revient en partie au même.

Individus résignés : pas d'espoir d'amélioration personnelle de sa situation, croyance en la fatalité des événements. Pour agir il faut avoir le sens du collectif CAD de la capacité effective de changer les choses à plusieurs.

2) Plus largement on peut dire que les groupes sociaux dominés ne sont plus réellement structurés. Ainsi dans leur étude sur les salariés non qualifiés (2006 : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es393-394k.pdf), les sociologues T. Amossé et O. Chardon montrent que malgré leur importance numérique (pratiquement 5 millions) et leur identité de travail commune, les non qualifiés ne constituent pas une classe pour soi. Ils se vivent sur le mode de la résignation et se situent en marge de la vie politique. Une telle idée est confimée par le document 1. On peut observer en effet que les ouvriers non qualifiés qui sont toujours dans la position la plus défavorable sur un nombre large de critères par rapport à la moyenne, le sont aussi par rapport à la vie politique d’une part et par rapport à la représentation à l’Assemblée nationale d’autre part. A l’inverse les groupes déjà socio-économiquement favorisés sont surreprésentés à l’Assemblée nationale. Les partis révolutionnaires ne sont de toute façon plus en mesure de mobiliser la majorité de la population et le Front national est devenu le premier parti ouvrier de France. 

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