La mobilisation du facteut travail

Parcours thématique : Le travail constitue un facteur central de la croissance. Il n’est pas indépendant du facteur capital puisqu’il existe des effets de substitution entre les deux ; et notamment la substitution du capital au travail. Celle-ci peut être par exemple liée à une nouvelle organisation du travail. Les entreprises vivent aujourd’hui à l’heure de ce qu’on appelle les Nouvelles formes d’organisation du travail (NFOT). L’Histoire du 20ème siècle à vu se succéder trois grandes formes d’organisation du travail : le taylorisme, le fordisme et le toyotisme. Chaque forme a montré ses avantages et ses inconvénients. Il semble toutefois que le taylorisme, qui a révolutionné la production dès la fin de 19ème siècle ait de beaux jours devant lui. Les NFOT constituent bien souvent des formes de néo-taylorisme. Les salariés semblent toujours soumis à de fortes contraintes, qu’elles passent par les cadences ou le stress.

Le taylorisme constitue-t-il l’horizon indépassable des systèmes productifs ?    

Les salariés, qui représentent désormais les 4/5 des actifs sont non seulement soumis à des contraintes fortes mais en plus voient de plus en plus leur échapper la sécurité promise par la société salariale. Le développement du travail précaire, des formes d’individualisation de la gestion des ressources humaines, de la flexibilité ou le maintien d’un chômage de masse érodent sérieusement les protections issues du travail salarié. De plus en plus une logique libérale semble inspirer les politiques de l’emploi : baisse des charges pesant sur les salaires, durcissement des conditions pesant sur les chômeurs (avec ou sans contreparties)… Toutefois de telles mesures ne risquent-elles pas de peser sur la demande globale et de culpabiliser une partie de la population ? La réponse implique de connaître notamment les causes du chômage. Est-il volontaire ou involontaire ? N’est-il pas différencié selon le niveau de qualification, laissant transparaître un marché dual travail ? La RTT menée en France, et actuellement décriée, apparaît comme une tâche dans ce concert libéral.

Fait-il souhaiter la disparition de la société salariale ?

La flexibilité est-elle une réponse adaptée à l’existence d’un chômage de masse ?

Fallait-il mettre en place la RTT ?

La baisse des charges sur les bas salaires peut-elle permettre de restaurer l’emploi des moins qualifiés ?

Il semble aussi que la mondialisation impose certaines exigences dont il faut tenir compte. Ne pas agir c’est déjà se résigner à une défaite certaine. C’est alors le rôle de l’Etat, des conventions collectives et des syndicats qui doit être repensé.

 

Notions centrales

Notions secondaires

Division du travail, Salariat, Précarité, Marché (des biens et services), Salaire, Coût du travail, Marché du travail Chômage, Flexibilité

Qualification, Taylorisme, Fordisme, Toyotisme, Contrat de travail, Marchés interne/externe du travail.

                

Exemple de sujet : Vous expliquerez l’origine de la productivité du travail et montrerez ses effets sur la croissance

Alors que le chômage de masse n’a pas disparu en France, nous pouvons questionner la nécessité d’augmenter toujours plus l’efficacité du travail. Les gains de productivité permettent en effet de produire autant, voir davantage avec des effectifs réduit ce qui, d’une certaine manière alimente le chômage. Rappelons que la productivité du travail mesure le rapport entre la production et le volume de travail, mesure en heures travaillées ou en nombre de salariés. Toutefois le risque engendré par les gains de productivité est-il inévitable ? Faut-il à la rigueur souhaiter un retour à une période lointaine où la productivité du travail était faible ? Les Trente glorieuses, période faste pour la croissance et l’emploi, n’a-t-elle pas correspondu à des gains de productivité records ? La productivité du travail paraît ainsi relever d’un schéma complexe en justifiant l’analyse rigoureuse. Faut-il en souhaiter ou non l’amélioration ? Aussi après avoir identifié les causes de la productivité du travail et notamment des gains de productivité, nous en analyserons les conséquences pour la croissance.

Première partie. L’origine de la productivité (et des gains de productivité).

 

1. Une organisation du travail de plus en plus productive.

*Des analyses de Smith aux NFOT en insistant sur la capacité du tayloro-fordisme à dégager des gains de productivité *effet d’apprentissage des salariés qui deviennent de plus en plus habiles sur un poste de travail qu’il y ait ou non investissement, postes de travail qui réclament de plus en plus de qualification pour être polyvalent, flexible, etc., évolution technologique permettant des machines toujours plus performantes (investissements),

 

2. Des gains qui restent conditionnels.

*Renouvellement des produits lorsque les taux d’équipements approchent 100% (ex. de la crise du système fordiste de production et de consommation de masse). *Ce qui implique une mobilité des emplois et l’existence de niches de productivité faibles, comme le tertiaire. Est-ce que ce sera toujours le cas ? Trouvera t-on toujours un secteur où déverser les emplois ? paradoxe de Solow (= technologie ne suffit pas, il faut réorganiser la production) *Une organisation du travail qui abrutit les salariés et les démotive se révèle à la longue contre-productive : exemple du tayloro-fordisme et des critiques (déjà !) de Smith, Marx, Mayo, Georges Friedman (Le Travail en miettes).

Deuxième partie. Les conséquences des gains sur la croissance.

 

1. Une stimulation de la croissance à plusieurs niveaux.

A) Par la hausse du pouvoir d’achat.

Hausse des salaires et baisse des prix, thèse du déversement.

B) Par la hausse des profits, favorisant l’investissement.

C) Par la hausse des recettes fiscales, ce qui aliment les dépenses de l’Etat-Providence : Sécurité sociale qui améliore la santé globale des salariés, donc leur productivité.

 

2. La stimulation de la croissance au 19ème et 20ème siècle.

* Cf. doc. 3 + schéma du dossier sur la croissance fordiste et la production/consommation de masse). * externalisation, firmes en réseaux accroît la spécialisation et la productivité.

La productivité du travail est bien apparue comme un centre de gravité des phénomènes économiques. A la fois comme mobile pour organiser de manière toujours plus efficace le travail et pour moderniser la production. Ensuite comme source essentielle de croissance. Plusieurs raisons expliquent la productivité du travail et notamment les gains de productivité : l’organisation du travail (travail complexe ou parcellisé, travail subordonné ou gratifiant, etc.), la productivité des travailleurs permise par les qualification ou l’apprentissage, l’investissement des entreprises incorporant des machines toujours plus performantes. En conséquence c’est la croissance qui s’en trouve bouleversé. Il semble bien que ce soient les gains de productivité qui alimentent cette dernière par la distribution de pouvoir d’achat à l’ensemble de l’économie. Tous les acteurs se trouvent alors favorisés. Le cycle des innovations en atteste. Toutefois la nature élégiaque des gains de productivité reste hypothétique même si ces dernières ont plutôt été réalisées jusqu’ici. Est-ce que ce sera toujours le cas ? On voit mal pourtant les salariés détruire leurs ordinateurs, comme les Canuts lyonnais leurs machines à tisser ! 

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