Individualisme et maintien des solidarités?

Après avoir constaté que l’individualisme se développe dans nos sociétés modernes, vous montrerez qu’il est compatible avec l’existence de solidarités.

Approche typiquement durkheimienne : individualisme compatible avec la cohésion sociale tans que prévalent un certain nombre de règles sociales. Mais les transformations de la famille ne remettent-elles pas en cause la cohésion sociale ?

 Mécanismes et vocabulaire mobilisables :

-          individualisme particulariste (= communautarisme, repli sur soi, abstentionnisme) versus individualisme universaliste (respect de l’individu, valorisation de l’émancipation, de la liberté, de l’autonomie).

-           Thèse de F. de Singly sur le nouvel âge de l’individualisme et l’idée selon laquelle « l’individualisme est un humanisme » montrant que l’individualisme a pris de nouvelles formes aujourd’hui.

-          Thèse de Tocqueville sur les dangers de l’individualisme : replis sur soi et ses intérêts matériels, repli du monde politique et plus d’exercice de la citoyenneté, opinion commune et majoritaire sans profondeur => mimétisme, faire comme les autres et ne pas de singulariser.

-          Formes de solidarités et d’intégration : politique (citoyenneté) et sociale (associations, réseaux d’amis, famille).

 

+ acquis du programme de seconde sur les fonctions de la famille (socialisation, liens socio-effectifs, entraide).

 

QUESTION1.

« Il n’a guère l’âme civique (…) ni même militante » : Renvoie à l’intégration politique et aux solidarités qu’elle implique ainsi qu’au désir et aux actions concrètes (vote, manifestation, consacrer du temps à faire avancer des idées que l’on croit juste de manière désintéressée et pour l’intérêt général, …). Ainsi les individus ne se mobilisent pas pour faire face aux problèmes rencontrés et qui concerne leur pays. On a l’impression qu’ils se comportent en passagers clandestins : profiter du système, du présent sans sacrifice, d’où le manque d’intérêt pour les générations à venir par exemple. Peu importe s’il est laissé à ces générations un patrimoine naturel dégradé, un endettement excessif, … Ces générations se débrouilleront bien avec. Le désinvestissement civique et militant se traduit donc par un manque de solidarité intergénérationnelle.

 

QUESTION2.

Le lien social devient de plus en plus individuel car les individus deviennent des atomes avec des relations fortes mais de proximité sans référence au destin global du noyau. C’est contradictoire : alors qu’il y a multiplication des contacts, l’ensemble de ces contacts aboutit de moins en moins à une société constitué. Facebook illustre très bien ce phénomène qui met potentiellement en relation tous les humains entre eux. Mais que signifie au fond avoir 200 ou 300 amis ? L’intensité des liens diminue à proportion que l’étendue augmente. C’est la logique du « plus » pour « moins ». Le lien social s’est bien de ce point de vue individualisé.

 

QUESTION3.

Les individus adhèrent bien plus volontiers à une association sportive (18% des Français adhèrent à au moins une association) qu’à une association humanitaire (concernant 3% des Français). Or le symbole dans les deux cas n’est évidemment pas le même. L’association humanitaire est une activité militante (aide aux PED, défense des droits de l’Homme) impliquant le souci d’une défense de droits pour tous. La visée est politique ici et illustre une conscience citoyenne. Il n’en est pas de même avec l’association sportive qui marque une volonté d’épanouissement personnel sans autre visée, quand bien même l’activité sportive serait génératrice de liens sociaux. Dans un cas il s’agit de passer du temps pour les autres, dans l’autre du temps pour soi.

 

QUESTION4.

Comme exemples de la solidarité familiale on peut citer : la garde d’enfant où les parents aident leurs enfants, l’aide ménagère et les dons (en nature ou en argent) qui peuvent être bi-latéraux, l’aide psychologique et socio-affective en cas de problème, de « pépin ».

 

QUESTION5.

Dans la mesure où la famille caractérise un altruisme participatif, tous les membres de la famille, centrée sur le couple parent(s)-enfant(s), voir petit(s)-enfant(s), dans le cadre d’un mixte entre famille nucléaire et famille élargie, peuvent profiter de la solidarité familiale. La famille est un lieu de socialisation à travers sa dimension socio-affective qui va normalement dans les 2 sens : lieu de réconfort (de soutien moral) et d’affection pour les parents, les enfants et éventuellement les grands-parents. Voilà pourquoi on peut parler d’altruisme participatif. Les relations au sein de la famille sont désintéressées mais chacun attend des autres qu’ils l’aident en cas de besoin. La famille constitue une véritable communauté opposée à la société au sens de Max Weber où ce sont les relations marchandes et contractuelles qui prédominent.

 

QUESTON6.

Si l’on s’arrête à l’augmentation du célibat alors on peut en déduire en partie une montée de l’individualisme c’est-à-dire à l’existence d’une société composée d’atomes isolés. Les célibataires représentent en 2004 plus du tiers des ménages. Toutefois reste à voir comment les individus vivent leur célibat. Est-il choisi ou contraint ? Résulte-t-il d’une absence de « fibre » sociale et de replis sur soi ? Ce n’est pas certain. De même l’augmentation des divorces et la baisse du nombre de mariages caractérisent davantage l’amenuisement du caractère officiel et institutionnel du mariage (phénomène de « démariage ») plus que du refus de la vie en couple. Bien qu’en baisse la vie en couple reste le mode dominant puisqu’il concerne près de 70% des ménages constitués. Reste alors la question des familles monoparentales davantage touchées en moyenne par la pauvreté et que la collectivité ne peut ignorer. Ne pas en tenir compte traduirait alors l’individualisme et le repli sur soi du reste de la société. 

 

 

I - Le développement de l’individualisme dans nos sociétés … 

A) Baisse de l’esprit civique et participatif.

DOC1

B) Souci de soi plus que souci de l’autre.

DOC2

 

II - … est compatible avec l’existence de solidarités.

 

A)     La solidarité organique : montée de l’individualisme qui n’est pas nécessairement destructeur (thèse de Durkheim).

B)      Maintien des solidarités familiales

DOC3 et 4

C)      Une transformation davantage qu’une disparition du modèle conjugal.

DOC 3

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