Après avoir analysé la différence entre groupes sociaux et classes sociales, vous vous interrogerez sur l'existence d'une classe moyenne dans la France d'aujourd'hui

Le sujet et ses enjeux :

Première partie :

Les différences entre groupe social et classes sociales relèvent d'abord du qualitatif. Ainsi il n'est pas toujours évident de dire quant un groupe social bascule dans le camp théorique de la classe sociale et avant quand une simple catégorie sociale verse dans le groupe social. On se doute bien que la classe sociale est davantage qu'un groupe social et qu'un groupe social est davantage qu'une catégorie sociale.

Catégories sociale => Groupe social => Classe sociale

On sait par exemple que la notion de PCS – Profession et catégorie socioprofessionnelles tente de dépasser la notion de catégorie sociale. En effet les membres d'une même PCS sont censés partager le même genre de vie CAD diposer de similitudes fortes quant à leur manière de vivre et donc avoir des pratiques sociales comparables. Il a fallu des critères bien particuliers pour constituer les PCS et y affecter les individus. Par exemple le statut, la nature du travail, la place dans la hiérarchie, etc. Par contre on ne peut pas dire vraiment que les PCS constituent des classes sociales au sens propre puisque ces dernières impliquent si ce n'est des conflits entre groupes sociaux (classes) au moins une forte hiérarchisation et une reproduction sociale (un enfant d'ouvrier devient lui-même à 90% ouvrier, etc. ). Dans Germinal par exemple qui caractérise la société industrielle du 19ème siècle, on se doute bien que les enfants de mineurs deviendront aussi mineurs. Toutefois la notion classe sociale ne va pas de soi non plus. 

Chez K. Marx les classes sociales existent réellement, elles sont porteuses, au moins pour les classes opprimées (esclaves, serfs, prolétaires) d'un destin historique, d'un projet de société alternatif. Pour le penseur allemand, la lutte des classes est le moteur de l'Histoire. C'est par elle qu'advient le changement social. Avec l'avénement du capitalisme, ce sont les ouvriers qui portaient la société communiste ayant comme guide le parti communiste. Pour de nombreuses raisons, dont l'effondrement du mur de Berlin et des systèmes prétendument communistes, plus personne ne dirait aujourd'hui que les ouvriers vont conduire une révolution amenant la disparition du système capitaliste. Certains penseurs, à l'instar de M. Weber, considèrent même que la conscience de classe n'existe pas et que les classes sociales ne sont que des constructions statistiques, uniquement définis par des critères dans la tête du sociologue, et qui n'ont donc pas d'existence en soi. Pour Marx aussi, l'existence de classes sociales en lutte suppose une prise de conscience, ce que l'on appelle la classe pour soi. Il s'agit d'une terminologie philosophique où le pour soi est distingué de l'en soi. Des individus peuvent très bien avoir la même place dans le rapport de production (détenir ou non le capital) sans s'associer ou défendre leurs intérêts communs. Marx  prend notamment l'exemple des paysans parcellaires en France qui ont le même mode de vie mais qui ne sont pas politiquement organisés. Pourvons-nous dire alors que la classe en soi est un groupe social et que ce qui donstiongue fondamentalement les deux, c'est la prise de conscience et la défense d'intérêt communs politiquement organisés? La lutte politique est-elle un prérequis à l'existence de classes? L'identité culturelle ne peut-elle aussi jouer un rôle central?

Deuxième partie :

La notion de classe moyenne est trompeuse dans la mesure où elle est précisément utilisée pour justifier l'idée de disparition des classes sociales. L'existence d'une vaste classe moyenne traduirait l'homogénéisation des modes de vie pour la plupart des individus et docn la disparition des clivages infranchissables. S'interroger sur l'existence d'une classe moyenne, c'est s'interroger en filigrane sur les clivages sociaux et l'existence de classes sociales. Les deux parties sont bien complémentaires et se ramènenet à ceci : I – On définit les classes sociales, II – On montre si elles existence ou non. Remarquons au passage que cela ferait un très mauvais plan de dissertation sur une question du type : Dans quelle mesure peut-on dire que les classes sociales n'existent plus?, ou du type : Dans quelle mesure la société française s'est-elle moyennisée au jourd'hui?   

Questions possibles pour la problématique :

Suffit-il d'avoir un style de vie proche, de se situer dans une certaine échelle de revenu pour constituer un groupe social, voir une classe sociale? L'épanouissement de la société de consommation n'a-t-elle pas favorisé l'homogénéisation des modes de consommation et ainsi rapproché objectivement et subjectivement les individus? Pouvons-nous parler de lutte de classes dans la France d'aujourd'hui? Quand bien même les sociétés se caractériseraient toutes par une hiérarchie sociale, cela suffit-il à parler en termes de classes sociales en conflits?

 

Sous-parties possibles (puisque les parties sont données dans l'énoncé!)

I – Après avoir rappelé les différences ente les notions de groupe social et de classes sociales ...

A) De la catégorie sociale à la classe sociale ...

* Les différences entre groupe social et classes sociales relèvent d'abord du qualitatif. Ainsi il n'est pas toujours évident de dire quant un groupe social bascule dans le camp théorique de la classe sociale et avant quand une simple catégorie sociale verse dans le groupe social. On se doute bien que la classe sociale est davantage qu'un groupe social et qu'un groupe social est davantage qu'une catégorie sociale. 

Catégories sociale => Groupe social => Classe sociale

Ainsi la catégorie ne forme pas une collectivité, ce qui est le cas du groupe ou de la classe sociale d'ailleurs.

* La classe sociale se distingue du groupe sociale dans la mesure où elle met en jeu une certaine dose de conflictualité au sein de la société. Toute les deux peuvent se référer à la stratification sociale mais ne lui donne ainsi pas la même teneur. C'est évidenet dans la version marxiste des classes sociales où la lutte des classes est considérée comme le moteur de l'Histoire. A développer. 

Le problème toutefois c'est que selon les approches la notions de classe se rapproche finalement peut se rapprocher de celle de groupe social au sens où elle caractérise une stratification pacifique.

B) ... sur fond d'ambivalence de la notion de classe sociale.

* Si l'on suit la définition de Weber ou de Warner, on s'éloigne d'une conception marxiste de lutte entre groupes sociaux irréductibles. A développer.

* D'ailleurs la notion de "Professions et catégories socioprofessionnelles" tente d'offrir une synthèse entre classes sociales et groupes sociaux. A développer.

 

Transition1. Les difficultés rencontrées pour évaluer la stratification sociale ne vont-elles pas se retrouver en ce qui concerne l'idée de moyennisation? Qualifierons-nous la classe moyenne de groupe social? Les critères seront-ils facilement identifiables? Et si nous observons un émiettement de la classe moyenne, faudra-t-il remettre à l'honneur la vision marxiste des classes sociales?

Aussi devient-il crucial de nous interroger sur l'existence d'une classe moyenne dans la France d'aujourd'ui.

 

 

Transition2. Nous venons de voir qua la notion de classe sociale était ambivalente. Est-ce suffisant pour créditer l'idée d'une absence de conflits de classes ou à tout le moins d'opposition flagrante ente groupes sociaux? Ne devrons-nous pas ainsi nous représenter la dynamique sociale en termes de moyennisation pluttôt que de bipolarisation ?

Aussi allons nous voir désormais s'il existe une classe moyenne dans la France d'aujourd'hui. 

 

II - ... vous vous interrogerez sur l'existence d'une classe moyenne en France aujourd'hui.

A) Si une moyennisation de la société française a bien eu lieue depuis le milieu du 20ème ...

B) ... nous observons le maintien si ce n'est l'approfondissement de certains clivages sociaux.

 

OU

 

A) L'absence de critères stables pour définir la classe moyenne ...

B) ... pour un processus de moyennisation qui s'essoufle.

 

Conclusion.

La question des critères de classement des individus pour se représenter la stratification sociale est apparue essentielle dans notre réflexion. A partir de quand les individus constituent-ils des groupes sociaux distincts? Les critères d’analyse peuvent-ils être vraiment objectifs? Nous avons vu ainsi que même la notion de classe sociale qui constitue une certaine représentation de la société et des groupes sociaux pouvait avoir plusieurs significations. Rien de comparable entre la lutte des classes de Marx centrée sur les mobiles économiques et l’analyse multidimentionnelle de Weber, voir empirique de Warner. C’est pour cette raison que l’analyse de la moyennisation nous est apparue problématique dans la France d’aujourd’hui. Non seulement les critères de définition de la classe moyenne ne sont pas stabilisés (mais le peuvent-ils?) mais en plus le retour des inégalités depuis quelques décennies militent en faveur d’un retour des clivages sociaux et d’une certaine polarisation, chère à Marx. Toutefois un projet de société alternatif est-il en train de se dessiner? La référence marxiste des classes sociales n’a-t-elle laissé en route l’idéal communiste?

 

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