Croissance et innovation

Baisse tendancielle du taux de profit : important car PT => dépréciation du capital constant C, qui retarde cette baisse. Par ailleurs ARTUS interprète la crise actuelle selon une grille marxiste tout comme MATTIEU et STERDYNIAK (2009) opposant le taux de croissance du PIB aux 15% de rentabilité financière. Les purges boursières apparaissent ici nécessaires.

 

Brevets : Les brevets sont des titres émis par les gouvernements pour des produits ou des procédés nouveaux susceptibles d’applications industrielles. Ils confèrent à l’inventeur (ou à son cessionnaire) le droit exclusif de propriété et d’exploitation d’une invention durant un certain temps aux conditions fixées par la loi. A la base de la comptabilisation internationale de la R-D dans le manuel d'Oslo.

 

Chain-link model (modèle de liaison en chaîne) : Modèle de prise en compte des interactions entre activités de recherche et contraintes économiques et commerciales. Les départements sont en communication au sein de l'entreprise.

 

Clusters : Apparemment popularisé par PORTER dans On Competition = « groupe d’entreprises et d’institutions associées dans un champ particulier, géographiquement proches et liées par des attributs communs et des complémentarités ».

 

Courbe en U inversé de la relation concurrence-innovation :

 

Elasticité de la demande à l’innovation : Si elle est forte alors pas besoin d’intervention de l’Etat, le rendement privée est supérieur au rendement social.

 

Fluctuations de long terme : Autour de l'articulation, réussie ou non entre les systèmes techno-économique et socio-institutionnel, d'après L. PEREZ. Ainsi un couplage efficace conduit à une période de croissance stable et inversement lorsqu'il n'y a pas adéquation. Le découplage est alors expliquée, de manière traditionnelle me semble-t-il, par le degrés d'évolution inégal des 2 sphères, et en particulier plus long pour le système socio-institutionnel.

 

Frontière technologique : niveau de productivité maximal atteint par un pays ou un secteur. AGHION calcule le rapport entre celle d'un pays ou d'un secteur et la meilleure, ce qui donne a. Plus a est proche de 1, plus évidemment on est proche de la frontière. Notion très importante car selon la valeur de a, le type d'éducation à favoriser dans un pays n'est pas le même, de même que le type de croissance (rattrapage ou innovation?).

 

Innovation (conception linéaire) : variations autonomes issues des innovations elles-mêmes et de l'offre (Schumpeter) ou de la demande. Mais la conception schumpeterienne est peut-être plus complexe que cela.

 

Innovation (conception interactive) : approche plus sociologique (ex. Norbert ALTER et l'idée de reconnaissance sociale de l'innovation, innovation comme un processus qui permet « de transformer une découverte, qu'elle concerne une technique, un produit ou une conception des rapports sociaux, en de nouvelles pratiques », présentation dans Sciences Humaines de L'innovation : croyances et pratiques, 2000) puisque l'innovation doit avoir un sens dans son milieu de formation. Ainsi les normes sociales peuvent être transgressées. L'innovation est une affaire de croyances. Pourquoi les entreprises décident-elles d'innover, pourquoi investissent-elles des sommes considérables en recherche et développement (R & D) ? Sûrement pas pour des raisons rationnelles, répond N. Alter. Les dirigeants sont incapables de prévoir la rentabilité des dépenses liées à l'innovation (R & D, formation et conseil, marketing...), notamment parce que le succès d'un nouveau produit ou d'une nouvelle organisation n'est que très faiblement prévisible. Les méthodes mises en oeuvre pour innover « ne sont donc pas soumises directement à des principes de gestion "rationnels", mais bien plus largement à l'intuition, à la conception du "bien" et la reconnaissance ». Certes, l'entrepreneur recherche le profit. Mais il s'appuie pour ce faire sur des croyances (par exemple sur l'idée qu'un séminaire de formation continue est un investissement rentable). Ce constat est particulièrement frappant dans le champ de l'innovation organisationnelle, c'est-à-dire de l'instauration de nouvelles méthodes managériales. A l'aide de diverses anecdotes, l'auteur montre que les innovations organisationnelles (qualité totale, management participatif, reengineering...) sont le produit des normes dominantes dans l'univers des dirigeants.

 

Innovation ascendante (horizontale) : Au coeur de l'analyse de VON HIPPEL, chercheur au MIT, et qui vise à montrer que l'innovation part de la base, des utilisateurs cherchant à améliorer les choses, ce qui conduit à de nouvelles pratiques qui se diffusent dans la société, ex. P2P, wikipedia, wifi, ex. aussi très intéressant de la planche de surf (Cf article d'AGUITON, CARDON). Tryptique besoi-révélation-réseau (ex. évident du logiciel libre). Lien avec l'innovation verticale puisque les pratiques diffusées à la base sont ensuite intégrées dans les programmes de recherche des firmes. Comme il n'y a pas d'unité et de cohérence initiales (pas d'organisation puisque spontanéiété), le risque, c'est celui de l'éclatement.

 

Innovation ouverte : Notion qui apparaît dans un rapport de 2008 de Frédérique SACHWALD (et qui rejoint l'article référencé de P. Le Masne sur les réseaux internationaux de production, entre autres, puisqu'elle parle des « réseaux mondiaux d'innovation ouverte ») visant à souligner que l'innovation est de moins en moins rattachée aux dépenses en interne, notamment de R-D. Indicateurs : externalisation de la R-D, accords de coopération entre firmes.

 

Innovation et concurrence : 1) Optimum de concurrence pour l'innovation selon AGHION : courbe en cloche, 2) Tout dépend de la distance à la frontière technologique, plus une entreprise innove à la frontière plus la concurrence est incitative (ENCOUA, FORAY et alii. , 2004).

 

Loi de Moore : Pronostique de Gordon Moore, président d'Intel qui à la fin des années 60 pronostique que la puissance des microprocesseurs va doubler tous les 18 mois.

 

Macro-système technique : Cf. A. GRAS. qui s'inscrit dans la sociologique des techniques.

 

Modèles linéaires de l'innovation : Modèles du type : Recherche => Invention => Innovation => Diffusion sous forme de nouveaux produits et/ou procédés. Justifie ainsi l'accent mis sur les dépenses de recherche.

 

Modèles interactifs de l'innovation (cf. BOYER, DIDIER, CAE, 1998) : Modèles qui prennent en compte l'ensemble des interaction entre amont et aval, les différents acteurs, institutions et organisation qui comptent dans la production et la diffusion de l'innovation.

 

Paradigme technologique : Regroupement des techniques en des ensembles caractérisés par une étroite complémentarité interne. Notion due d'abord à DOSI, selon LE BRAS (1989).

 

Pôles de compétitivité : Au nombre de 71 en France (mi-2010), mis en place suite à la loi de 2005. 1, 5 milliards alloués pour la 2ème phase (2009-2011). « Un pôle de compétitivité rassemble sur un territoire donné, des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements de formation pour développer des synergies et des coopérations », selon la définition du site : http://competitivite.gouv.fr/ dont la mise en perspective est proposée par un papier du CEPREMAP.

 

Politique industrielle : Ensemble des mesures visant à maintenir et développer l'outil de production sur le territoire national. Cette définition, extrêmement neutre, ne se résume pas au développement de l'industrie, bien que la politique industrielle constitue le pendant du thème de la désindustrialisation, et que l'on pressent bien que perdre ses industries c'est perdre ses chances de croissance future. Ainsi pour l'année 2009, année de crise globale avec une baisse du PIB de plus de 2%, l'industrie a subi une perte nette de 173 000 poste, soit 5% des effectifs.

Une économie uniquement fondée sur les services n'est sans doute pas viable à long terme, ce qui oblige à réfléchir à la formule de L. Walras, « à l'équilibre économique général, les services s'échangent contre des services ». Le modèle de Baumol, villipendant l'essor d'une société de services est à l'inverse resté célèbre et tout aussi contestable. Il semble que la discussion des années 80 sur le société non pas post-industrielle mais hyper-industrielle brille par sa pertinence.

Cette notion est d'ailleurs reprise par le philosophe et essayiste Bernard STIEGLER, qui pourfend quand à lui le consumérisme qui aliène plutôt qu'il ne libère. De même un article récent de Gaël Giraud (http://www.ceras-projet.org/index.php?id=4311&format=impression), économiste à la PSE, reprenant les arguments classiques sur les leurres d'une société post-industrielle, montre à quel point la problématique est loin d'être surannée. Cet auteur reprend aussi sans la nommer la thèse de Baumol sur la croissance molle liée aux services. Mais à lire l'auteur, on a le sentiment qu'il faut encourager l'industrie parce que les gains de productivité y sont forts et que seuls de tels gains permettent une hausse durable du pouvoir d'achat. Il suffit de faire de l'industrie pour s'assurer des hausses de salaires, comme vont le connaître les pays du Sud qui précisément fournissent au Nord les biens manufacturés dont il a besoin. Cependant l'auteur note aussi que la compétitivité des pays émergents est artificiel et qu'elle repose sur le dumping salarial et fiscal. Mais les salaires ne vont-ils pas augmenter aussi dans ces pays? Et quand tous les salaires seront égalisés, que se passera-t-il? L'auteur appelle en tout cas à assurer la transition vers la révolution en cours : « Il s’agit, en effet, de passer d’un compromis économique et social construit sur une énergie quasiment gratuite et des processus de production et des modes de vie très polluants à des sociétés « propres » reconstruites à partir d’une énergie très chère : voilà une « révolution » autrement plus conséquente que l’hypothétique transition vers une tertiarisation de nos sociétés! ». 

De toute évidence le thème de la politique industrielle est centrale et nous mène dans tous les chemins (les impasses?) des sciences sociales. La définition proposée ne présage enfin pas des moyens devant être mis en oeuvre pour atteindre l'objectif national. Jouer sur le système éducatif en même temps que le système d'innovation paraissent par exemple des angles d'attaque incontournable de la politique industrielle, une fois définie l'innovation, ce qui ne va pas sans poser problème. De même le régime fiscal risque d'entrer rapidement dans le débat et avec lui la justice sociale, ciment de l'ordre social. Il est de toute façon un peu logique de rencontrer des questions d'ordre social lorsque l'on aborde la sphère de la production. Nos sociétés sont encore fondée sur le travail et le circuit production-revenu comme matrice de l'organisation économique.

Dans ce concert d'approbation, il y a ceux qui condamne la politique industrielle c'est-à-dire les auteurs d'obédience libérale, notamment Jean-Pierre CHAMOUX membre de l'Institut Turgot. D'abord pour l'auteur, la politique industrielle et le fruit en France des commis de l'Etat à travers Polytechnique et paraît dégagé des alternances politiques avec des évolutions tout de même : l'essoufflement des grands programmes et les « nouvelles politiques industrielles » fondée sur la dynamisation des PME, les pôles de compétitivité, etc. Globalement les politiques publiques ont des rsultats médiocres mais à cause du fonctionnement de l'Etat non par carence en soi, semble-t-il :  « Le temps de la politique est très court : aussitôt annoncée, une mesure est considérée comme acquise ; mais cette hâte ne contraint guère des administrations dont le rythme est différent de celui des cabinets ministériels. Il en résulte une tension inévitable entre les annonces et leur application. Aucun gouvernement démocratique ne réussit, en temps de paix, à surmonter cette tension qui se combine, pour des industries grand public, avec les impératifs du marché c’est-à-dire avec le risque de ne pas déboucher à temps sur des produits qui répondent à la demande solvable des consommateurs ». Les pôles ne donnent pas les résultats escomptés, ce que confirme d'ailleurs un rapport du CEPREMAP à cause des lenteurs d'action en face du marché, du manque de concentration des moyens pour faire plaisir à tous les élus locaux, une coopération industrie-université encore bloquée par les chercheurs et les cadres du CNRS. Le seul espoir en fait passe par l'esprit d'entreprise qui ne s'apprend nullement à l'Ecole. Par contre l'esprit d'entreprise doit être épaulé par une vraie activité bancaire pervertie récemment et l'existence de business angels. « Que faudrait-il alors, pour plus d’industrie ? Plus d’air et moins de contrainte » !

Quel que soit le point de vue adopté, il semble que la politique industrielle connaisse une inflexion, lié au passage de pratiques top down pour des pratiques davantage bottum up ou laissant en tout cas les acteurs en prise avec les solutions à adopter. Le rapport Beffa symbolise sans doute cette nouvelle trajectoire, si l'on en croît Capul et Garnier, insistant sur la nécessaire dimension européenne pour avoir des chances de succès. Mais la question de la genèse des externalités doit être posée car elle permet de relativiser quelque peu l'aura dont jouissent les pôles de compétitivité.

Productivité structurelle : Productivité corrigée des écarts de taux d’emploi et de temps de travail. Productivité qui dépend de l’innovation et de sa diffusion. Elaborée pour tenir compte des divergences entre productivité par heure travaillée et productivité par tête et la fameuse supériorité des Français par rapport aux USA. « Ces résultats suggèrent que l’écart de PIB par habitant des pays européens vis-à-vis des Etats-Unis s’explique par des niveaux plus bas de la durée du travail et de taux d’emploi, mais aussi par une plus faible productivité horaire ‘structurelle’. En d’autres termes, le moindre niveau de PIB par habitant ne peut en aucun cas s’interpréter comme la seule expression d’un choix social associant de plus fortes performances productives à des préférences pour le loisir plus élevées », Bourlès, Cette, INSEE, 2005. Conclusion fondée sur les rendements des heures de travail et du taux de chômage décroissants : Augmenter les taux d’emploi ou allonger la durée du travail réduit la productivité horaire moyenne. Sous-entendu, les USA sont forcément désavantagés.

 

Régime technologique (ou paradigme techno-économique) : Notion issue de C. PEREZ et plus vaste que celle de paradigme technologique, selon LE BRAS (1989) car contient plus de variables.

 

Rendements croissants d'adoption (cf. Brian ARTHUR) : Une fois adoptée, une pratique, une innovation peut se diffuser sans être au départ la meilleure, ex. clavier AZERTY moins efficace que le DVORZAK ou VHS que BETAMAX.

Reverse engineering : département chargé de démonter les produits concurrents pour les analyser.

 

Révolution technologique (technological revolution) : notion présente chez PEREZ (2007), utilisée en relation avec celle de paradigme techno-économique, et visant à montrant à la fois la cohérence des systèmes technologiques et leur caractère transformateur sur le reste de l'économie et pourquoi pas de la société.

 

Small Business Innovation Research (SBIR) : Programme lancé en 1982 aux USA visant à faciliter la mise en oeuvre des projets innovants des entreprises de moins de 500 salariés.

 

Systèmes nationaux d'innovation (titre d'un ouvrage dirigé par LUNDVALL) : Vision novatrice de l'innovation prenant en compte l'interactivité, les feed-backs, l'épaisseur institutionnel des décisions, le cadre national (path dependancy). A relier au terme plus englobant peut-être de système d'innovation (bien présenté par AMABLE dans Encyclopédie de l'innovation).

 

Thalassographie articulée (COSANDREY : Le Secret de l'Occident. Vers une théorie générale du progrès scientifique) : rapport entre la masse continentale et le tracé des côtes. L'Europe est avantagée dans ce domaine avec une masse continentale importante, en un seul bloc, et un dessin côtier très découpé. A entraîné la création d'Etats stables et rivaux, stimulant l'invention scientifique.

 

Technologies génériques : qui initient des changements dans plusieurs domaines comme la machine à vapeur ou le transistor à l'origine de nouveaux paradigmes technologiques.

 

Trajectoires technologiques : (NELSON et WINTER) associée à des progrès des composantes des produits, selon LE BRAS (1989).

 

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