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Ce site a été conçu à l'origine pour mes élèves de Terminale. Si les thèmes abordés sont essentiellement ceux concernés pour le baccalauréat, ils embrassent toutes les dimensions des sciences sociales, au delà du lycée.  

 

Note du concepteur, Daniel Longuépée, professeur de Sciences économiques et sociales.

Devoir maison n°4 – TES 2– EC3. Vous montrerez que la crise des années 30 correspond à une dépression économique.

Remarques sur le sujet :

  • Question lecture : Les chiffres du chômage s'expriment en fonction de la population active. Ainsi « 25% de la population active américaine est au chômage en 1933 ».

  • L'énoncé invite à comparer une crise « normale » liée à un choc et une crise plus profonde dont le début des années 30 constitue l'exemple révélateur.

  • Comme les documents portent uniquement sur la crise des années 30, il est difficile de faire une vraie comparaison statistique. Donc les élèves qui ne l'ont pas fait systématiquement n'ont pas été sanctionné.

  • Évoquer les chocs, c'est bien. Encore faut-il identifier les chocs propres à une dépression et sur ce point l'histoire économique est bien utile. La crise de 1929 est liée à un choc gravissime de demande (ou des chocs si l'on préfère) : chute des cours boursiers et donc des revenus, chute de la consommation et de l'investissement, dans un climat de pessimisme ambiant. Le choc pétrolier de 1974 n'a pas dégénéré en dépression économique par exemple. Pour la crise des subprimes c'est plus compliqué. La Grèce a connu une catastrophe comparable à celle des USA et des pays européens durant la « Grande dépression » mais pas les autres pays. On parle plutôt de « Grande récession ». On a alors le schéma suivant : récession < « grande récession < dépression < « grande dépression ». Quel économiste est capable de donner les critères de passage d'un état à l'autre ? C'est délicat car les critères risquent fort d'être non pas tant quantitatifs que qualitatifs. Bref, on ne peut pas sanctionner un élève de Terminale sur ces questions.

  • L'introduction méritait une attention toute particulière car définir la dépression économique c'est déjà répondre au sujet. Pas facile à faire. Le gentil professeur a tenté quelque chose pour prendre en compte cette difficulté. A vous de voir si vous êtes convaincus. J'ai quand même vu en 1ère phrase du développement : « La dépression est donc une forme brutale de crise économique ». C'est le « donc » qui me gène ici. Définir la dépression en introduction aboutit forcément à ce genre de maladresse. Or il faut démontrer dans la réponse en quoi la dépression constitue une forme particulière de crise, comme nous y invitent d'ailleurs le programme officiel : « On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de masse ». A la rigueur on peut définir la dépression et poser comme question directrice : en quoi la crise issue du krach boursier de 1929 à Wall Street est-elle une illustration éclairante de dépression économique ?

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La France traverse depuis une décennie un sérieux trou d'air en matière de croissance économique. Certes le PIB va vraisemblablement augmenter de 1,6% cette année et peut-être de 1,8% l'an prochain. Mais n'avons pas connu une crise importante depuis 2008 que certains commentateurs appellent la « Grande récession » ? Mais alors comment situer la crise des « subprimes » dans le contexte général de ralentissement de la croissance opérée avec la fin des 30 Glorieuses ? Pourquoi ne pas plus simplement parler de dépression ? Quelle différence avec une « simple » crise ? Pour le comprendre, il faut déjà souligner que la crise est la phase normale d'une activité économique qui ne peut manquer de fluctuer et même de dessiner des cycles de plus ou moins grande ampleur. La crise constitue constitue alors soit le point de retournement, soit la phase prolongée de baisse ou de ralentissement de la croissance économique. Nous allons montrer en quoi la dépression est une forme aiguë de crise économique où se développe chômage de masse et déflation. La crise des année 30, souvent rendue responsable de l'arrivée de Hitler au pouvoir, servira de référence. N'est-elle pas d'ailleurs qualifiée de « grande dépression » (great depression) ?  

 

1/L'analyse théorique de la dépression …

La récession, phase « naturelle » d'un cycle économique. Dans la mesure où l'activité économique obéit à des cycles, il est presque normal qu'il y ait à certains moments des phases de crise CAD de ralentissement de l'activité, voire des récessions. Par exemple le ralentissement des années 70-80 fait suite à la phase exceptionnelle des années d'après-guerre, les 30G. On a même vu apparaître un épisode de stagflation marquant un dérèglement certain de l'économie c'est-à-dire la coexistence d'un fort taux d'inflation et d'un faible taux de croissance. Mais rien de comparable à une dépression qui repose quant à elle sur des mécanismes cumulatifs graves engendrant en particulier une spirale déflationniste.

L'état de déflation : baisse durable du niveau général des prix. Situation grave car il y a peu d'espoir d'en sortir de manière autonome. Les consommateurs reportent leurs décisions d'achat car espèrent acheter plus tard moins cher, donc les entreprises produisent moins, faute de débouchés, elles licencient, ce qui ne favorisent le montant global de consommation, et ainsi de suite. Elles investissent également moins. D'ailleurs pour rester compétitives elles doivent baisser toujours plus leurs prix, donc réduire leurs coûts et les salaires. Cela ne favorise pas le pouvoir d'achat et joue sur la morosité ambiante. Les finances publiques s'en trouvent aussi dégradées : moins de recettes car moins d'impôts et de taxes. Le déficit s'aggrave avec la dette, ce qui fragilise financièrement les Etats.

L'internationalisation de la crise. La dépression peut rapidement devenir mondiale si un pays en crise constitue un débouché pour d'autres pays et/ou si le pays en crise rapatrie les capitaux investit à l'étranger. C'est ce qui s'est passée en 1931 avec la faillite de la banque autrichienne Credit Anstalt, suite au rappariement des capitaux américains suite à la crise financière de 1929. C'est ce que nous allons voir maintenant.

 

2/ … très bien illustrée par la crise des années 30.

Petit rappel historique. Déclenchement = jeudi noir, 24 octobre = premier vent de panique. A midi cours ont perdu + de 20%. Puis intervention d’investisseurs qui limitent la baisse à 2% mais pratiquement 13 millions de titres échangés. Puis lundi noir – 13%. Puis mardi noir – 12%, 16 millions de titres échangés. Ce sont les conséquences économiques de ce krach qui caractérisent la grande dépression des années 30. Traduit aussi une crise de surproduction suite à l’avènement de la production de masse permise par les nouvelles méthodes de production, comme le fordisme.

Un effondrement des prix, de la production et une explosion du chômage.

Rien de comparable aujourd’hui en France par exemple où le taux de chômage bien qu'important (10-11%) n'atteint pas de tels taux !

Pas de sortie internationale de la crise. Pas d'entente comme l'actuel G8 (voire G20). Au contraire chaque pays essaie de reporter sur les autres les conséquences de la crise en favorisant les exportations (donc les importations des autres !) à travers des dévaluations (baisse de la valeur de la monnaie exprimée dans un autre qui rend donc les exportations – chères). Ce contexte international aggrave la crise car favorise la déflation mondiale (baisser toujours plus les coûts et les prix pour être compétitif) et le repli sur soi, dont le symptôme européen sera le nazisme !

Et aujourd'hui ? C'est justement pour éviter ces enchaînements tragiques que les autorités publiques et monétaires nationales et mondiales ont pris les mesures nécessaires : baisse des taux d'intérêt, plans de relance concertés en 2008-2009, pour soutenir l'activité économique et éviter un repli sur soi.  

 

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