La courbe de Kuznets de l'environnement

LONGUEPEE Daniel Par Le 30/09/2023 0

La notion de « courbe de Kuznets de l'environnement » sert d'argument pour justifier la conception faible du développement durable. Rappelons que selon cette conception, il est possible de substituer entre eux les différents types de capitaux nécessaire à la production. On ne se limite plus toutefois au capital technique et au capital humain mais on prend aussi en compte la nature avec le capital environnemental et on considère le cadre institutionnel comme un capital particulier, le capital institutionnel. Cela n'est pas surprenant vue l'importance des règles formelles et informelles pour stimuler le progrès technique et la croissance économique.

Substituer des capitaux entre eux signifie que l'on peut en sacrifier en partie certains pour permettre à d'autres de se développer. Typiquement, il est nécessaire de sacrifier du capital naturel, au minimum les ressources non renouvelables, pour assurer la transition énergétique et donc favoriser le progrès technique. On a encore besoin de pétrole pour trouver les conditions de s'en passer ! Précisément la transition énergétique vers une économie décarbonnée, peu polluante, qui recycle ses déchets, … implique notamment une diminution de ce qu'on appelle l'intensité énergétique c'est-à-dire la quantité d'énergie nécessaire pour produire un bien ou un service ou pour produire 1 euro de PIB (ou 100 euros de PIB si vous voulez!) ou par personne.

Précisément la courbe de Kuznets de l'environnement montre qu'au cours du temps les technologies utilisées pour produire sont de moins en moins polluantes et utilisent comparativement moins d'énergie. Ainsi, au cours du temps l'intensité énergétique diminue. Certes nous pourrions voir que cela est responsable d'un effet-rebond mais c'est un autre problème qui renvoie à la conception forte du développement durable. Si on représente graphiquement la courbe de Kuznets, avec le temps en abscisses et l'intensité énergétique en ordonnées, elle est d'abord croissante puis décroissante. Elle forme une cloche. Lorsqu'un pays débute sa croissance économique, c'est-à-dire qu'il sort du piège malthusien, l'intensité énergétique augmente car il faut utiliser de manière extensive beaucoup de ressources avec des technologies pas toujours très « vertes ». Puis au cours du temps, grâce notamment au progrès technique permis par la croissance, les méthodes de production se font plus propres et de nouvelles formes de ressources énergétiques apparaissent. Par exemple l'électricité remplace le charbon. Conséquence : Les pays qui se sont développés plus tardivement ont un maximum d'intensité énergétique plus faible que les pays qui ont connu leur révolution industrielle au 19ème siècle comme la Grande-Bertagne, la France, les USA, … En effet les pays peuvent profiter au fur et à mesure des découvertes et innovations de méthodes de production plus efficaces ou d'énergie plus propres. Rien de comparable entre une éolienne ou une centrale nucléaire de 2023 et une mine de charbon de 1820 ! 

Enfin remarquons que Kuznets (1901-1985) n'y est pour rien dans le qualificatif d' "environnemental". A l'origine la courbe qu'il a dessiné concerne les inégalités. Celles-ci augmentent aux débuts de l'industrialisation puis déclinent ensuite. Mais c'est une autre histoire …

 

Ajouter un commentaire

Anti-spam