Prof et soutien des gilets jaunes ?

La situation objective de classe pour reprendre une bonne vieille terminologie marxiste place évidemment les profs dans le camp populaire contre les élites. Certes parmi les membres de gilets jaunes il y a de nombreuses personnes qui sont aux antipodes des canons sociologiques des profs, en termes d'attitude, de langage, de référents culturels. Par ailleurs il est clair que le corps enseignant a constitué un soutien peut-être inconditionnel à E. Macron en 2017, par peur de la peste brune. Mais est-ce suffisant pour définir une ligne politique ? Sûrement pas. Comment les profs pourraient-ils d'ailleurs approuver les suppressions annoncées de postes dans l'enseignement secondaire ? Le ministère ne sait-il donc pas que les classes de seconde sont surchargées, à plus de 30, voire 35 élèves ? Aurait-il oublié que la France ce n'est pas la Corée où les élèves sont au garde à vous et vénère leur système éducatif ?

D'un point de vue structurel les profs n'ont pas compris que Macron allait défendre les intérêts de l'élite mondialiste qu'une simple carte électorale ne pouvait pourtant manquer de leur signaler. Aveuglé par l 'idéologie ils n'ont pas compris le Brexit ou l'élection de Trump. Certes, ils ne furent pas les seuls. A leur décharge, les catégories statistiques ont aussi eu tendance à les illusionner. La nomenclature des PCS, les intègre dans le camps des cadres et professions intellectuelles supérieures qui peuplent les bancs de l'Assemblée Nationale. Ils peuvent se croire représentés et se penser comme appartenant aux catégories supérieures ou être tout proche d'elles. Il est vrai aussi que leurs enfants intégreront plus facilement que les enfants d'employés ou d'ouvriers les bancs des CPGE et des Grandes Ecoles. Ils peuvent avoir encore un peu d'espoir pour leurs enfants qui ne bénéficieront pas non plus du même capital social que les enfants de notaires ou de cadres vraiment supérieurs. Sans doute aussi les profs sont-ils victimes du biais qui consiste à vouloir se placer dans les catégories supérieures pour éviter de méditer sur sa propre situation. C'est par exemple pour cette raison que la classe moyenne reste subjectivement fédératrice alors qu'une certaine approche sociologique montre l'évidence de leur éclatement. Voilà pourquoi les CPIS où sont notamment classés les professeurs à côté des professions libérales et autres cadres d'entreprise soutiennent à 20% le mouvement des gilets jaunes contre 61% des ouvriers et 56% des employés selon un sondage effectué par l'IFOP les 20 et 21 novembre dernier.

Reste évidemment la question des dégradations. Elles ne sont vraisemblablement pas le fait des manifestants mais de casseurs professionnels. Un parisien interviewé par un journaliste de RT France a même prétendu voir des casseurs retourner dans le camp des forces de l’ordre pour remettre leur brassard de ... policier. Cela semble tellement gros mais depuis l’affaire Benalla chacun est bien obligé d'examiner sans a priori les faits les plus invraisemblables ! Fondamentalement il est toujours désespérant de voir des mondialistes s'offusquer de la dégration de monuments nationaux scandant le passé glorieux de la France. Que l'Arc de triomphe soit tagé est une véritable abomination. Mais quiconque prendra la peine de se rendre à Chambord constera avec effroi que des hordes de décérébrés n'ont pas hésité à taillader dans l'indifférence générale, semble t-il, l'une des merveilles de notre Histoire. Que l'on commence donc par sélectionner les visiteurs de nos châteaux avant de venir pleurer sur des dégâts que l'on espère réversibles. On peut s'offusquer de tout, mais pas avec n'importe qui !

 

sciences politiques

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